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Le Canada et le développement durable

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11 CONCLUSION

Comme notre pays est paisible et prospère et qu’il s’étend sur un vaste territoire, les Canadiens et les Canadiennes sont particulièrement bien placés pour faire les investissements nécessaires en vue d’améliorer la durabilité de leur mode de vie. Au cours de la dernière décennie, ils ont accompli beaucoup de choses : ils sont plus riches, ils utilisent l’énergie et les ressources de manière plus efficace, ils ont amélioré la situation financière de leurs gouvernements, ils protègent plus de paysages, ils aménagent leurs forêts de manière plus durable et ils ont atteint un des niveaux de vie les plus élevés du monde selon les calculs de l’Indice du développement humain des Nations Unies. Sur la scène internationale, le Canada a joué un rôle de premier plan dans le maintien de la paix et l’élaboration d’importants accords internationaux (notamment sur les polluants organiques persistants et les stocks de poissons chevauchants). Il a en outre réussi à effacer la dette de plusieurs pays très pauvres.

Malgré ces accomplissements, le Canada a encore des défis à relever à l’égard de tous les aspects du développement durable. Figurent au nombre de ces défis permanents la réduction de la pollution, la préservation de l’intégrité écologique du capital naturel et la réduction de la prolifération urbaine sur les terres avoisinantes. Les disparités sur le plan de l’équité entre les groupes sociaux, entre les régions et entre les sexes demeurent considérables, bien que les fossés se soient rétrécis. La situation des peuples autochtones est particulièrement préoccupante.

Sur une note plus positive, des efforts se poursuivent pour assurer la prise en compte dans les accords commerciaux internationaux des besoins des pays en développement et des considérations liées à l’environnement, au travail et, plus généralement, à la société. Toutefois, la contribution du Canada à l’aide étrangère a diminué, même si le niveau de vie des Canadiens s’est amélioré.

Bien que les gouvernements canadiens de tous ordres, les peuples autochtones, les travailleurs et de nombreuses entreprises, collectivités et ONG aient mis en oeuvre un grand nombre d’initiatives qui devraient avoir des répercussions positives dans les années à venir, il faudra un certain temps avant qu’on en voie les résultats. Il faudra des années, par exemple, avant que les réductions des émissions de certaines substances toxiques n’entraînent une diminution des concentrations dans le sol, l’eau ou les aliments sauvages; avant que l’évolution de la sylviculture ne se répercute sur la santé des écosystèmes; ou avant que la salubrité accrue de l’environnement n’ait un effet notable sur la santé des Canadiens.

Le temps mort entre l’action et le résultat est tout particulièrement évident dans les nombreux changements apportés aux processus décisionnels et aux pratiques de gestion mis en place par les gouvernements et la société civile. Même si ces changements sont essentiels, on ne pourra ressentir avant un bon nombre d’années tous les effets d’une évaluation environnementale stratégique du gouvernement ou d’un système de gestion de l’environnement d’une société. Dans une grande mesure, il est donc prématuré d’évaluer leurs répercussions pour le moment.

S’il est si difficile d’évaluer les répercussions des mesures prises, c’est aussi parce que l’information nécessaire pour procéder n’est souvent pas disponible. Pendant les années 1990, le Canada a beaucoup investi pour améliorer l’élaboration et la diffusion des données sur la santé. Dans le secteur de l’environnement, le Système canadien d’information pour l’environnement en est à ses débuts. Il faudra des années avant que les investissements nécessaires au rassemblement et à l’analyse de l’information débouchent sur une connaissance plus à jour de la situation de l’environnement au Canada. Le problème se pose différemment dans le secteur social où des données détaillées existent, mais où il n’y a toujours pas de cadre conceptuel pour mesurer la durabilité sociale.

Initiatives pour améliorer l’information sur l’environnement
  • En 2000, la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE), un organisme chargé de conseiller le Premier ministre, a lancé son Initiative d’indicateurs pour l’environnement et le développement durable (IEDD). Ce programme triennal vise à élaborer et à promouvoir un ensemble d’indicateurs nationaux du capital naturel, du capital produit et du capital humain.
  • Le gouvernement fédéral a cessé de produire des rapports sur la situation nationale de l’environnement en 1996, mais il a continué de publier des indicateurs sur des questions environnementales spécifiques et il a commencé à concevoir un système canadien d’information pour l’environnement. Au cours des deux dernières années, le Canada a publié des rapports d’étape nationaux sur la gestion durable des forêts, les espèces fauniques et les secteurs protégés. Le Yukon, la Saskatchewan, le Québec et la Colombie-Britannique produisent tous des rapports périodiques sur l’état de l’environnement.
  • Des ONG ont mis au point un ensemble d’Indices de progrès réel pour l’Alberta et la Nouvelle-Écosse.
  • Des groupes de recherche politique canadiens sont en train de mettre au point des indicateurs de la qualité de vie.

Malgré les limites imposées par des données incomplètes et irrégulières et l’absence de moyens convenus pour mesurer la performance, on peut conclure que la performance générale du Canada en matière de développement durable est semblable à celle de la plupart de ses pairs industrialisés : son niveau de vie, son empreinte écologique, la longévité et le niveau d’instruction de ses habitants soutiennent bien la comparaison avec ceux des pays du G7.

Il est difficile d’expliquer en détail le chemin parcouru par le Canada vers des formes de développement plus durables. Toutefois, la question beaucoup plus difficile et tout aussi importante qu’il nous faut nous poser est la suivante : Est-ce que le Canada progresse à un rythme acceptable? Nous ne pouvons répondre à cette question ici, mais nous espérons que le présent rapport contient une partie de l’information et des perspectives nécessaires pour commencer à aborder cet enjeu fondamental.

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